Fin septembre, j’ai commencé à utiliser Grok Bot : huit agents spécialisés, et un test grandeur nature d’une idée, les applications deviennent headless.
Grok Bot est un assistant multi-agents de xAI : au lieu d’un seul chat généraliste, on fait tourner plusieurs agents en parallèle, chacun avec son périmètre, sa mémoire, ses connecteurs et ses routines planifiées. Je pilote les miens depuis le chat, l’appli de bureau ou le téléphone.
Je l’ai ouvert comme on ouvre un carnet neuf, sans grand plan, pour voir si un assistant multi-agents pouvait tenir dans mon rythme réel : boulot, projets perso, paperasse, site, blog, idées de produit.
Ce billet n’est pas un tutoriel. C’est mon journal : ce que j’ai branché, ce qui a marché, ce qui reste en chantier.
L’idée derrière tout ça : les applications deviennent headless
Je pense que le futur des applications est headless : pas d’interface classique vendue comme produit, moins de tableaux de bord, plus d’agents qui livrent un résultat : fermer un incident, ranger un document, publier un article.
Tout ce qui suit, c’est moi qui teste cette conviction sur ma propre vie, avec la matière la moins glamour possible : de la paperasse, un site perso, cinq apps hébergées, un blog.
La tentative la plus explicite s’appelle Pager, plus bas. Si tu ne lis qu’une section, lis celle-là.
Pourquoi des agents plutôt qu’un chat
Je passe mes journées entre Craft (mon outil de notes et de documents), Google Drive, GitHub, Clever Cloud (la plateforme où j’héberge mes apps), X et LinkedIn.
Avec un chat généraliste, chaque sujet me forçait à tout réexpliquer : le contexte du blog, l’état d’une app, le dernier post.
Ce qui m’a convaincu, c’est de pouvoir découper mon cerveau opérationnel en rôles stables, qui gardent chacun leur mémoire de mission. Huit têtes, une seule boîte.

Mes huit agents dans l’application de bureau Grok Bot.
Trois de ces agents méritent qu’on s’y arrête. Les cinq autres tiennent en quelques lignes.
L’agent Clever Cloud : de l’ops réel, pas des slides
L’agent Clever Cloud pilote mes apps en ligne de commande avec clever-tools, s’appuie sur une base de docs locale, et la remet à jour chaque mois via une routine.
Je lui confie cinq apps : ce blog, mon site perso, un autre site, et le backend et la base de données de Pager.
On a branché du déploiement automatique : une GitHub Action qui appelle un webhook Cursor (l’éditeur de code avec agents intégrés). On a créé un essai jetable, puis on l’a supprimé. On a arrêté volontairement le backend de Pager, avec un redémarrage prévu.
Le détail qui change vraiment le quotidien : tout ça s’est fait par la voix, depuis l’application Grok Bot sur iOS.

Arrêter le backend de Pager pour la nuit et programmer son redémarrage, depuis le téléphone. L’identifiant de l’app est masqué.
Je n’ouvre plus l’interface web de Clever Cloud pour ces apps. L’agent sait arrêter, planifier et documenter, et c’est exactement ce que j’attends d’un outil d’ops.
Le Rédacteur de blog : cet article
Le Rédacteur de blog a pour mission blog.fredalix.com, un site Astro dans un dépôt privé.
Le process est volontairement lent et lisible : sujet → brouillon FR → validation → versions FR et EN → push → contrôle du build.
Les règles éditoriales du blog vivent dans un AGENTS.md, rédigé à partir du CLAUDE.md du dépôt : poser la thèse avant l’inventaire, définir chaque outil, ne jamais publier un montant perso, ne rien pousser sans mon feu vert.
Tu lis le premier article passé par ce pipeline. Si tu trouves le ton trop « journal » ou trop technique, dis-le : c’est aussi pour ça que la validation humaine reste dans la boucle.
Pager : une idée headless, pas un produit
L’agent produit, Nouvelle génération de SaaS, porte une idée que je traite clairement comme une preuve de concept, pas comme un produit lancé : Pager qui répare.
La thèse : le modèle de langage réfléchit, et nous, on construit le plan d’exécution : règles, runbooks (procédures écrites), garde-fous, traces.
Stack envisagée : Rust et PostgreSQL 18, hébergement uniquement sur Clever Cloud, API décrite en OpenAPI.
Il y a un one-pager, des schémas, un prompt MVP, une batterie de tests MVP à 91 PASS, et une doc sur le cas T-41 : les nouvelles tentatives quand un service ne répond plus correctement.
Pager, c’est la thèse headless appliquée à l’astreinte : l’interface principale est le chat, le webhook et l’audit, et l’humain n’intervient que quand la confiance est basse.
Deux vidéos m’ont beaucoup nourri sur ce basculement de l’interface vers le résultat :
- Rails World 2026 Opening Keynote, DHH (en anglais)
- GPT-6 Astra vient-il de tuer les SaaS ?, Yannis Haismann
Le code Rust du dépôt pager, lui, vient de mon clavier : l’agent accélère le cadrage, les tests et la doc, pas la magie.
Les cinq autres, en bref
- Sandbox : mon labo pour tester routines et webhooks (des notifications automatiques quand un événement arrive) avant de les brancher ailleurs. Leçon retenue : ne pas installer Tailscale, mon réseau privé entre machines, sur la machine de l’agent, mais passer par mon ordinateur quand c’est nécessaire.
- Comptable : fiches de paie, budget, paperasse fiscale du foyer, et une première estimation d’impôt 2026. Aucun chiffre ici : ce qui compte, c’est le processus, pas les montants.
- Plan de carrière : un point de situation sur ma présence en ligne, et la refonte de fredalix.com : une pull request fusionnée avec version FR/EN, données structurées pour les moteurs de recherche, domaine apex et certificat Let’s Encrypt. Plus un guide SEO et un README de profil GitHub.
- Social Network : mon rédacteur pour X et LinkedIn. Il prépare, je valide, on publie. Premier résultat : un post en anglais sur Grok Bot et les webhooks, et un post LinkedIn illustré passé par Composio (le connecteur qui publie pour l’agent).
- Bibliothécaire : il tient la doc dans Craft et sert de moteur de recherche aux autres agents. Son apport le plus utile : une récap hebdomadaire le mardi, bornée strictement aux sept derniers jours. Sans elle, on accumule des conversations brillantes et on oublie ce qui a vraiment bougé.
Mis bout à bout, ma journée ressemble moins à « ouvrir quinze onglets » et plus à « déléguer un chantier nommé ». Ce n’est pas de la science-fiction, c’est de l’orchestration.
Ce qui reste volontairement incomplet
- Le réseau privé Tailscale n’est pas branché côté agent. C’est volontaire.
- Les dépenses de septembre ne sont pas toutes saisies, et la routine mensuelle des finances n’est pas encore calée.
- Ma headline LinkedIn n’est pas à jour.
- Le backend de Pager est arrêté, en attente de redémarrage.
- La publication directe sur X depuis le bot n’existe pas encore : aujourd’hui, l’agent prépare un brouillon et je publie.
Ce n’est pas un échec, c’est le mode « produit vivant ». Un agent qui prétend tout finir en 48 h me ferait plus peur qu’envie. Ce que je veux, c’est un système qui avance chaque semaine, d’où la récap du mardi.
Où je vois Grok Bot aller
Très vite, Grok Bot deviendra mon compagnon pour gérer mes services et mon infra perso : sites, apps, paperasse, présence sociale, docs, et les essais headless comme Pager. Moins de friction entre l’intention et l’exécution, plus de traces qu’on peut relire.
La même discipline (agents spécialisés, webhooks, runbooks, validation humaine sur les actions sensibles) se transpose naturellement à l’astreinte et au suivi d’incidents au travail. Je ne promets rien de ce côté-là dans ce billet.
Mais quand on s’entraîne à faire fermer un incident par un agent chez soi, on pose des questions plus justes en prod.
Et toi, comment tu découpes ton quotidien ?
Si tu fais déjà tourner des agents, j’aimerais savoir deux choses : combien tu en as, et lequel t’a le plus déçu.
Réponds-moi sur X @fax_v2_0. Je partage ce que j’apprends au fil de l’eau, y compris les PoC qui restent des idées.
